Durant
la préhistoire, les Mélanésiens vivaient en sociétés claniques,
organisation qui prévaut encore aujourd'hui. La Calédonie nouvelle
a troqué les signes pétroglyphes contre les carnets de bord
des grands navigateurs. En 1774, le capitaine britannique James
Cook découvrit l'île au nord-est et la baptisa " Nouvelle Calédonie
". Dix-huit ans plus tard, le Français d'Entrecasteaux, parti
à la recherche de La Pérouse, touchait la Grande Terre à son
tour. Dès la moitié du 19ème siècle, les marchands succédèrent
aux explorateurs, puis les premières missions évangélistes s'implantèrent.
En 1853, Napoléon III annexe la Nouvelle Calédonie et ses dépendances,
les Iles Loyauté. Un an plus tard, la " capitale " est fondée
au sud-ouest de la Grande terre. Les premiers colons s'installent
suivis d'un nouveau type d'immigrants : les bagnards, rejoint
dès 1872 par les déportés de la Commune de Paris. En cette fin
de 19ème siècle, la Nouvelle Calédonie est rude et sauvage :
de violents affrontements opposent colons et indigènes sur la
Grande terre. A la même époque, le sous-sol de la Nouvelle Calédonie
révèle de grandes richesses minières et les premiers immigrants
asiatiques viennent travailler à leur exploitation. Jusqu'à
la Seconde guerre mondiale, au fil des découvertes minières
et des immigrations successives, la Calédonie cherche fortune
et identité. La population pluriethnique qui constitue la société
calédonienne actuelle est le fruit de ces multiples mouvements
de populations. En 1942, les Américains choisissent la Nouvelle
Calédonie comme base militaire dans le Pacifique. Ce véritable
" débarquement " marque profondément les consciences : la société
calédonienne, assoupie et loin du monde, commence à s'ouvrir
aux techniques et aux idées nouvelles. Au début des années cinquante,
le premier parti politique caéldonien est créé et en 1957, la
Nouvelle Calédonie prend le statut de Territoire d'Outre-Mer.
Le boom du nickel (1968-1971) fait entrer la Nouvelle Calédonie
dans une période industrielle effrénée. Mais la venue massive
de nouveaux immigrants, alliée aux nouvelles donnes économiques
et politiques, accentuent les déséquilibres entre les communautés.
Dans les années soixante-dix, les revendications indépendantistes
sont nombreuses. Au cours des années quatre-vingts, c'est l'explosion
de violence : les " événements " déchirent la Calédonie. En
1988, les Accords de Matignon instaurent la mise en place des
trois Provinces dans le but de rééquilibrer les pouvoirs. Dix
ans plus tard, en 1998, l'Accord de Nouméa prépare l'autonomie
progressive du nouveau pays qui devrait être indépendant dans
une vingtaine d'années (un référédum déterminera alors cette
option). Le 21ème siècle marquera un nouveau défi pour ce petit
archipel d'Océanie qui est aujourd'hui face à son destin.